Le silence des cœurs
Le jour vint où les masques que nous portions ne suffirent plus. On nous ordonna d’en porter d’autres, non à la place des précédents, mais par-dessus.
Ordonné comme il l’est, le pays obtempéra sans protester.
Nous portions déjà plusieurs masques. Mais chacun avait exactement la forme de notre visage.
Si bien qu’au quotidien, la plupart d’entre nous se contentaient de la surface.
Masque sur masques, l’espace public devint le lieu d’une disparition de l’unique.
Ce qui était interdit le vendredi devient obligatoire le lundi. Dans le silence des chœurs à l’unisson.